Négociations mauritano-sénégalaises
Les 22 et 23 avril 1989, de très graves événements éclatent dans la capitale sénégalaise. La population de Dakar attaque et pille des dizaines de commerces tenus par des Mauritaniens, qui sont souvent assassinés. A Nouakchott, dans le même temps, des milliers de Mauritaniens s’en prennent aux Sénégalais, causant 200 morts les 24 et 25 avril. Personne ne sait qui a commencé… L’enchaînement de la violence provoque de nouvelles émeutes à Dakar les 27 et 28 avril, et de nouveaux morts. Des dizaines de milliers de Mauritaniens sont chassés par le soulèvement populaire et contraints de regagner leur pays d’origine. Parallèlement, une partie importante des « Négro-Africains » vivant en Mauritanie sont refoulés au sud du fleuve Sénégal. La crise entraîne en outre des arrestations, des détentions arbitraires dans les deux pays. Sans compter les exodes croisés : en quelques semaines, 70 000 personnes rentreront au Sénégal, et 170 000 en Mauritanie. Les deux États sont alors en guerre, non déclarée mais bien réelle. Que faire ? Nos intérêts économiques ne sont pas directement visés, et nos ressortissants ne paraissent pas spécifiquement menacés. Si bien que la diplomatie française ne voit pas très bien par quel bout prendre cette affaire, qui ne la concerne d’ailleurs pas au premier chef. Devons-nous pour autant demeurer les bras croisés ? Nous, Service, n’avons-nous pas un rôle à jouer ?
En y réfléchissant, l’idée nous vient de tenter d’intervenir secrètement pour rétablir entre ces deux pays amis le lien brisé. Et notamment entre les deux chefs d’État, Abdou Diouf et Mouawiya Ould Taya, qui, depuis que ces soulèvements ont éclaté, ne se voient plus, ne s’appellent plus, ne maîtrisent plus les événements dans leurs pays respectifs. La situation est complètement bloquée, et les relations interrompues entre les deux capitales. Comme c’est souvent le cas en de telles circonstances, les ingérences extérieures commencent à se faire jour, certains acteurs moyen-orientaux de premier plan jouant la carte de la déstabilisation durable. C’est ainsi que le Service note en juillet 1990 : « … l’Irak joue un jeu impitoyable, avec pour objectif une implantation profonde et durable en Mauritanie à des fins techniques (bases d’essai d’armes balistiques) et politiques (panarabisme sous hégémonie irakienne). » Car le régime mauritanien est fortement teinté de baasisme 1. Sa sympathie pour Saddam Hussein est évidente, qui le conduira à être rangé de facto parmi ses alliés lors de la guerre du Golfe. Au même moment, le Sénégal, pour montrer qu’il est de tout cœur avec son vieil allié l’Arabie Saoudite – dont l’aide financière lui est acquise depuis longtemps - , enverra un contingent militaire à Riyad…
Nous décidons donc d’examiner si les conditions d’une médiation sont réunies. Il s’agit d’une pure initiative du Service, qui s’apprête à intervenir de son propre chef : aucune discussion préalable avec le Quai d’Orsay, avec Matignon, et pas d’avantage avec l’Élysée. Je me rends tout d’abord à Nouakchott et y rencontre longuement le président Taya. Je retire de nos discussions le sentiment qu’il désire trouver les voies de la paix, qu’il ne maîtrise pas la situation et qu’il s’en inquiète vivement, car elle a profondément déstabilisé la Mauritanie : le pays est ardent, avec ces populations qui revendiquent hautement leur appartenance au monde islamique du Nord. Historiquement, les Noirs ont été les esclaves des populations arabes blanches dans l’ensemble de l’Afrique, amis particulièrement en Mauritanie. Les populations nomades qui règnent sur le pays sont celles qui ont fait travailler la terre, pendant des siècles, à des esclaves noirs razziés au Sud. Comme toujours, les sangs se sont mêlés : une population métisse s’est développée, qui n’est ni du Nord ni du Sud, ni noire ni blanche. Dès le début de la colonisation de la Mauritanie, la France y a ouvert des écoles et imposé à chaque tribu des quotas d’enfants à scolariser. Les chefs y ont, bien entendu, envoyé les fils d’esclaves.
C’est ainsi que lorsque l’indépendance de la Mauritanie intervient en 1958, ceux qui savent lire et écrire, qui ont fait des études, moyennes ou supérieures, sont très majoritairement des Noirs. Et ce sont eux qui vont constituer l’encadrement du pays : toute la fonction publique, par exemple, va reposer sur eux. En avril 1989, la rue en chasse une grande partie, et le pays se trouve totalement désorganisé. L’armée est divisée. Taya veut en finir. Il n’y a même plus de lignes aériennes entre Nouakchott et Dakar, plus aucun contact. Je suis obligé de faire le voyage en avion privé entre les deux capitales.
A Dakar, je rencontre Abdou Diouf que je connais très bien : nous sommes de la même promotion à l’École de la France d’outre-mer. Je retrouverai ainsi, partout en Afrique, plusieurs de mes anciens condisciples. Je n’avais pas revu Diouf depuis trente-deux ans ; il me reçoit très bien, me loge dans la villa présidentielle et, au cours du dîner en tête-à-tête le soir de mon arrivée, je lui raconte mon entrevue avec Taya :
« Je suis pratiquement persuadé que Taya est prêt à chercher un accord, lui dis-je.
Je ne demande que ça.
Veux-tu qu’on essaie de s’en occuper ?
Tu as carte blanche.
J’ai beaucoup réfléchi à cette affaire et aux conditions de notre intervention, et je pose un certain nombre de conditions. Si elles t’agréent, je retourne chez Taya et lui pose les mêmes ; on pourra alors démarrer quelque chose.
Quelles sont tes conditions ?
Le Service ne va pas t’ennuyer tous les jours. Tu désigneras un plénipotentiaire qui puisse t’engager. Qui ne dise pas au milieu des discussions : ‘il faut que j’en réfère, etc.’ quelqu’un à qui tu donnes un grand pouvoir et qui peut te voir, te téléphoner quand il le souhaite, pour te parler des discussions qui vont durer des mois et des mois, peut-être des années. On n’est pas pressé. »
La condition acceptée, j’ajoute :
« Il faut également que les négociations restent entièrement secrètes et que personne ne sache que la DGSE s’occupe de cette affaire. Troisième condition : c’est nous qui la gérons de A à Z. On prend d’ailleurs tout en charge matériellement : les billets d’avion et l’hébergement sont à nos frais. On décide les réunions, où et comment elles se déroulent. Quatrième condition : aucun des chefs d’État, aucun des ministres et aucun homme politique d’aucun des deux pays n’ouvre plus la bouche sur ce conflit pendant tout le temps que dure la négociation. »
Diouf est d’accord. Je revois Taya :
« J’ai cru comprendre votre souhait de trouver une solution ; j’en ai parlé à Diouf. Si vous êtes d’accord, voilà comment on peut faire. »
Taya donne son accord. Et nous commençons, en décembre 1990 à Mortier, des négociations secrètes, qui vont durer fort longtemps, avec une délégation mauritanienne et une délégation sénégalaise.
Ce n’est qu’une fois les conditions de départ réunies que j’informe l’Élysée, Matignon et le Quai pour obtenir leur accord. « Pourquoi pas ? » me répond-on. Nous demandons que le Quai et le ministre de la Coopération assistent aux discussions, en observateurs. Elles ont lieu au Service, sous l’égide de la direction de la Stratégie qui accomplit l’essentiel du travail. Je me contente quant à moi de voir les gens, de les inviter à dîner, d’arrondir les angles quand ça coince, à la demande de l’équipe en charge de la mission. Et les choses commencent à se débloquer dès qu’il est décidé de rejeter en fin de discussion le litige essentiel : la frontière. Où se trouve-t-elle ? Au milieu du fleuve ? Sur la rive droite ? Sur la rive gauche ? Dans un pays du Sahel, l’eau est un problème vital.
Nous avançons progressivement, en abordant les problèmes dans l’ordre croissant des difficultés, du plus simple au plus délicat, et en traduisant immédiatement les progrès de la négociation sur le terrain. Premier succès, le libre accès aux zones de pêche océanique, qui comptent parmi les plus généreuses du monde, est rétabli. La pêche était devenue pratiquement impossible depuis le début du conflit, puisqu’on s’agressait de bateau en bateau dans les eaux mauritaniennes et sénégalaises. Puis un passage sur le fleuve Sénégal est rouvert. Bientôt on aborde le dossier du retour des exilés sur leurs terres. Et, un jour, je dirai à Abdou Diouf et à Taya : « Maintenant vous pouvez vous téléphoner, rediscuter, commencer des conversations diplomatiques bilatérales sans nous. » Enfin, le Quai d’Orsay et la Coopération prélèveront sur leurs cassettes respectives de quoi réparer les dégâts de la guerre civile.
C’est ainsi qu’en mars 1992 la paix a éclaté. Personne n’a jamais vu, ni su, le travail formidable et secret qui avait été réalisé. Des mois et des mois de négociations obstinées à travers lesquels nous sommes parvenus à rapprocher les Sénégalais et les Mauritaniens des deux délégations. Parce qu’ils ont déjeuné et dîné avec nous. Ensemble au Service. Puis nous les avons sortis le soir au restaurant. Ils ont alors commencé, après quelques mois, à se téléphoner, à se voir en tête-à-tête. Sans nous. C’est alors que nous avons su que nous avions gagné.
samedi 2 février 2008
la publicité et la presse
Un journal n’est pas seulement le véhicule d’une pensée. C’est aussi une marchandise, un objet que l’un vend et que l’autre achète mais sans cet objet la pensée n’atteindrait jamais ceux qu’elle voudrait atteindre. Création de l’esprit, il se réfère à tout un système de valeurs morales et intellectuelles. Marchandise, il est tributaire des lois fondamentales qui commandent à la production et à la consommation dans une économie de marché
Cette interférence de deux univers complique singulièrement l’affaire. Au service de l’idée, quelle qu’elle soit, la matière intervient comme organe de transmission. Entre l’homme qui tient une plume et le lecteur elle établit les connexions nécessaires.
Selon la richesse du journal le papier utilisé sera plus ou moins cher, si bien que la ségrégation par l’argent apparaît au stade même de la fabrication. Ainsi entre deux journaux théoriquement libres, il en est toujours un plus libre que l’autre dans la mesure où il est plus a même de taper dans l’œil du client et ainsi de mieux répandre les idées dont il est porteur.
Mais pour que se réalise l’union de la pensée et de la matière et pour qu’ainsi à travers l’objet la pensée du journaliste arrive jusqu’au lecteur que d’opérations sont nécessaires, et qui mettent en mouvement le mécanisme complexe des lois économiques.
Au chapitre des frais rédactionnels il faut distinguer les journaux riches et les journaux pauvres. Les premiers n’hésitent pas à envoyer un reporter à l’autre bout du monde si l’événement qui s’y produit justifie le déplacement. Le journal pauvre lui se contente d’expédier un Rouletabille plus modeste dans ses ambitions. Et l’on y travaille le plus souvent sur des dépêches qui ne sont pas gratuites.
Une rédaction ce sont des salaires, des charges sociales des frais de déplacement pour les correspondants, des piges pour les collaborateurs et j’en passe. C’est pourquoi certains journaux croulent sous cette charge pénible. Une telle situation est malsaine et dangereuse. C’est en effet la porte ouverte à toutes les pressions, à tous les chantages, à toutes les compromissions. Un journal honnête placé dans des telles conditions n’à plus guère le choix qu’entre se saborder et l’appel aux ressources externes ; dans les deux cas la liberté de la presse prend un sérieux coup.
Bien entendu les lobbies politico financiers n’attendent qu’une telle opportunité pour foncer sur la proie. Alors la publicité reste pour le journal le seul moyen honnête de survivre mais trouvera t il dans la publicité les ressources nécessaires sans lesquelles il serait contraint de disparaître ? un journal qui accepte de devenir un support publicitaire pour un nombre déterminé d’annonceurs s’engage à consacrer dans chacun de ses numéros une surface allouée à cet effet à un tarif indiqué, et ce au détriment des informations et commentaires.
La publicité est une arme à double tranchant ; elle peut assurer la liberté de la presse comme le peut aussi bien l’annihiler. Cette étroite dépendance des journaux à l’égard de la publicité peut être lourde de conséquence. En effet elle peut, par des pressions ouvertes sur les directeurs des publications ou les rédacteurs en chef, aller jusqu’ à infléchir la ligne rédactionnelle du journal. Il est clair qu’un journal y réfléchirait deux fois avant de s’attaquer à un annonciateur qui lui permet de boucler son budget ; même si l’actualité, l’intérêt public et la morale l’exigeaient.
C’est dire combien la situation des journaux est précaire, menacés qu’ils sont de voir du jour au lendemain les publicitaires fermer le robinet. Le dilemme est cornélien – les journaux doivent ils fermer les yeux sur certains faits sous prétextes de ne pas perdre les contrats publicitaires ou au contraire doivent ils rester fermes sur leurs principes quoiqu’il leur coûte ? Autrefois la publicité apportait aux journaux le superflu, aujourd’hui elle leur apporte le strict nécessaire.
Ainsi une lourde hypothèque pèse sur la libre expression des idées et des opinions par l’asservissement des journaux aux intérêts économiques. Cette sujétion est inévitable, car elle tient du fait que le journal est aussi une marchandise.
Mais pour que le lecteur puisse former son jugement, il a droit de savoir si son journal est libre de toute attache, si les positions qu’il prend lui sont dictées par le seul souci de l’intérêt public et non inspirés par les tenants de la bourse. La mainmise des intérêts privés sur la presse constitue une nouvelle menace sur une information libre et honnête.
Thomas Macaulay définissait la presse comme « le quatrième pouvoir ». Ceci dans la mesure où en marge de l’exécutif, du législatif, et du judiciaire, elle les égale en puissance, en vertu du privilège qui lui est reconnu de les juger, de soumettre à une critique sans indulgence le moindre de leur geste. Il arrive que la critique soit injuste mais on sait que le pouvoir a les moyens de se défendre et qu’il n’hésite pas à y recourir.
Les journalistes court-circuitent les hiérarchies les plus strictes et bouleversent l’étiquette la plus rigide. Ils se promènent au milieu des cérémonies les mieux ordonnées et leur sans gêne débraillé et affairé ne choque personne. Ils ont conscience d’appartenir à un milieu à part, doté de certains privilèges qui les autorisent à traiter d’égal à égal les puissants de ce monde. Hommes politiques et cabots de toutes sortes ont besoin de la presse. De cet échange de service naît une complicité étrange mais réelle qui fait du journaliste un personnage en marge et le met dans une situation privilégiée où il échappe à loi commune. La vanité des médiocres y trouve son compte, mais il n’est pas sans risque d’être à tu et à toi avec les maîtres de l’heure.
Que se passe t il si en revanche si cette formidable puissance que détient sous sa plume le journaliste est détournée de ses fins légitimes et mise au service de la malveillance, de la vengeance ou de la volonté de nuire à un tiers ? La gamme d’agression par voie de presse est large et variée elle va de l’imputation malveillante jusqu’à la diffamation pure et simple.
Le métier de journaliste est le plus beau des métiers ou du moins il peut l’être. Mais des échanges des services naît la familiarité qui insensiblement passe à la compromission ; la pratique des enveloppes, la flatterie et les marques externes de considération permettent ainsi de s’assurer un corps de domestiques empressé et c’est alors que le plus beau métier peut devenir le plus méprisable.
A l’inverse quelle tâche exaltante que celle du journaliste qui a su garder son indépendance, et quelle fierté pour lui, quand après des années dans la carrière il a su gagner la confiance du lecteur qui désormais attend son avis pour former son propre jugement.
Tout repose donc sur la compétence du journaliste mais aussi et surtout sur son honnêteté et son sens moral. C’est la garantie que chacun est en droit d’exiger de lui comme contrepartie du pouvoir qui est le sien. Et c’est ici qu’interviennent les règles d’une éthique professionnelle qui accompagnent le droit du public à être informé.
La restriction de la liberté de la presse doivent elles venir seulement de la loi protection naturelle du citoyen, ou de la rigueur morale du journaliste et son sens de l’honneur ?
Ndiaye
Cette interférence de deux univers complique singulièrement l’affaire. Au service de l’idée, quelle qu’elle soit, la matière intervient comme organe de transmission. Entre l’homme qui tient une plume et le lecteur elle établit les connexions nécessaires.
Selon la richesse du journal le papier utilisé sera plus ou moins cher, si bien que la ségrégation par l’argent apparaît au stade même de la fabrication. Ainsi entre deux journaux théoriquement libres, il en est toujours un plus libre que l’autre dans la mesure où il est plus a même de taper dans l’œil du client et ainsi de mieux répandre les idées dont il est porteur.
Mais pour que se réalise l’union de la pensée et de la matière et pour qu’ainsi à travers l’objet la pensée du journaliste arrive jusqu’au lecteur que d’opérations sont nécessaires, et qui mettent en mouvement le mécanisme complexe des lois économiques.
Au chapitre des frais rédactionnels il faut distinguer les journaux riches et les journaux pauvres. Les premiers n’hésitent pas à envoyer un reporter à l’autre bout du monde si l’événement qui s’y produit justifie le déplacement. Le journal pauvre lui se contente d’expédier un Rouletabille plus modeste dans ses ambitions. Et l’on y travaille le plus souvent sur des dépêches qui ne sont pas gratuites.
Une rédaction ce sont des salaires, des charges sociales des frais de déplacement pour les correspondants, des piges pour les collaborateurs et j’en passe. C’est pourquoi certains journaux croulent sous cette charge pénible. Une telle situation est malsaine et dangereuse. C’est en effet la porte ouverte à toutes les pressions, à tous les chantages, à toutes les compromissions. Un journal honnête placé dans des telles conditions n’à plus guère le choix qu’entre se saborder et l’appel aux ressources externes ; dans les deux cas la liberté de la presse prend un sérieux coup.
Bien entendu les lobbies politico financiers n’attendent qu’une telle opportunité pour foncer sur la proie. Alors la publicité reste pour le journal le seul moyen honnête de survivre mais trouvera t il dans la publicité les ressources nécessaires sans lesquelles il serait contraint de disparaître ? un journal qui accepte de devenir un support publicitaire pour un nombre déterminé d’annonceurs s’engage à consacrer dans chacun de ses numéros une surface allouée à cet effet à un tarif indiqué, et ce au détriment des informations et commentaires.
La publicité est une arme à double tranchant ; elle peut assurer la liberté de la presse comme le peut aussi bien l’annihiler. Cette étroite dépendance des journaux à l’égard de la publicité peut être lourde de conséquence. En effet elle peut, par des pressions ouvertes sur les directeurs des publications ou les rédacteurs en chef, aller jusqu’ à infléchir la ligne rédactionnelle du journal. Il est clair qu’un journal y réfléchirait deux fois avant de s’attaquer à un annonciateur qui lui permet de boucler son budget ; même si l’actualité, l’intérêt public et la morale l’exigeaient.
C’est dire combien la situation des journaux est précaire, menacés qu’ils sont de voir du jour au lendemain les publicitaires fermer le robinet. Le dilemme est cornélien – les journaux doivent ils fermer les yeux sur certains faits sous prétextes de ne pas perdre les contrats publicitaires ou au contraire doivent ils rester fermes sur leurs principes quoiqu’il leur coûte ? Autrefois la publicité apportait aux journaux le superflu, aujourd’hui elle leur apporte le strict nécessaire.
Ainsi une lourde hypothèque pèse sur la libre expression des idées et des opinions par l’asservissement des journaux aux intérêts économiques. Cette sujétion est inévitable, car elle tient du fait que le journal est aussi une marchandise.
Mais pour que le lecteur puisse former son jugement, il a droit de savoir si son journal est libre de toute attache, si les positions qu’il prend lui sont dictées par le seul souci de l’intérêt public et non inspirés par les tenants de la bourse. La mainmise des intérêts privés sur la presse constitue une nouvelle menace sur une information libre et honnête.
Thomas Macaulay définissait la presse comme « le quatrième pouvoir ». Ceci dans la mesure où en marge de l’exécutif, du législatif, et du judiciaire, elle les égale en puissance, en vertu du privilège qui lui est reconnu de les juger, de soumettre à une critique sans indulgence le moindre de leur geste. Il arrive que la critique soit injuste mais on sait que le pouvoir a les moyens de se défendre et qu’il n’hésite pas à y recourir.
Les journalistes court-circuitent les hiérarchies les plus strictes et bouleversent l’étiquette la plus rigide. Ils se promènent au milieu des cérémonies les mieux ordonnées et leur sans gêne débraillé et affairé ne choque personne. Ils ont conscience d’appartenir à un milieu à part, doté de certains privilèges qui les autorisent à traiter d’égal à égal les puissants de ce monde. Hommes politiques et cabots de toutes sortes ont besoin de la presse. De cet échange de service naît une complicité étrange mais réelle qui fait du journaliste un personnage en marge et le met dans une situation privilégiée où il échappe à loi commune. La vanité des médiocres y trouve son compte, mais il n’est pas sans risque d’être à tu et à toi avec les maîtres de l’heure.
Que se passe t il si en revanche si cette formidable puissance que détient sous sa plume le journaliste est détournée de ses fins légitimes et mise au service de la malveillance, de la vengeance ou de la volonté de nuire à un tiers ? La gamme d’agression par voie de presse est large et variée elle va de l’imputation malveillante jusqu’à la diffamation pure et simple.
Le métier de journaliste est le plus beau des métiers ou du moins il peut l’être. Mais des échanges des services naît la familiarité qui insensiblement passe à la compromission ; la pratique des enveloppes, la flatterie et les marques externes de considération permettent ainsi de s’assurer un corps de domestiques empressé et c’est alors que le plus beau métier peut devenir le plus méprisable.
A l’inverse quelle tâche exaltante que celle du journaliste qui a su garder son indépendance, et quelle fierté pour lui, quand après des années dans la carrière il a su gagner la confiance du lecteur qui désormais attend son avis pour former son propre jugement.
Tout repose donc sur la compétence du journaliste mais aussi et surtout sur son honnêteté et son sens moral. C’est la garantie que chacun est en droit d’exiger de lui comme contrepartie du pouvoir qui est le sien. Et c’est ici qu’interviennent les règles d’une éthique professionnelle qui accompagnent le droit du public à être informé.
La restriction de la liberté de la presse doivent elles venir seulement de la loi protection naturelle du citoyen, ou de la rigueur morale du journaliste et son sens de l’honneur ?
Ndiaye
De l'Amour
De l’Amour
Nous sommes seuls responsables de nos pensées et de nos sentiments. A héberger des soucis on détruit notre capital le plus précieux : la tranquillité de l’esprit, d’où la nécessité de toujours faire un effort pour sortir de cette dynamique autodestructrice et de mieux gérer ses émotions, car nul ne mérite qu’abîme sa santé pour lui.
Nombreux sont ceux qui sont à la poursuite de l’Amour et de son corollaire le bonheur sans jamais le trouver- pour la simple raison qu’ils sont allés les chercher loin , alors qu’il peut être si proche. Nous courons après des mythes et fermons les yeux sur la réalité qui est toute simple . le bonheur n’est autre chose que les petites choses , les moments de tendresse, les complicités ces menus plaisirs mis bout à bout embaument l’existence .mais quand on est amoureux de l’Amour on a nul envie d’être sage alors quand on prend son bâton de pèlerin pour se lancer à la conquête de l’Amour il faut s’armer d’une bonne dose de soi, car il ne faut rien attendre de l’autre parce que celui ou celle qu’on croise nourrit les mêmes intentions et place les mêmes attentes pour une vie de couple amoureuse ; chacun doit avoir résolu ses problèmes. Et ça personne ne l’apprend, ni la famille, ni les professionnels de l’éducation ou les livres. La survie de toutes relations est au prix de l’énergie consentie. Tout les jours nous devons nous battre pour conserver notre acquis y veiller comme s’il s’agissait d’une plante verte.
En dehors des coups de foudre qui se consument comme un feu de paille, l’Amour avec un grand « A » ne se rencontre qu’au cinéma et dans les romans. Cependant il existe et beaucoup l’on trouvé et le vive au prix de beaucoup d’effort, de persévrance, d’esprit d’abnégation. L’homme ou la femme fabriqué€ sur mesure que nous parons de toutes les qualités n’existent que dans notre imagination.
Cependant tout est possible , c’est à nous de choisir : soit attendre toute une vie la personne qui aurait pu nous rendre heureux, soit en aimer une autre sans espoir de retour ou finalement apprendre à aimer celui ou celle qui nous aime déjà .
Donner un coup de pouce à la chance c’est aussi laisser la porte ouverte à d’autres possibilités. Rarement l’homme ou la femme que nous cherchons ne se présente à nous sous l’aspect que notre imagination lui prête. Pour le trouver il faut nécessairement prolonger son regard au delà des premières impressions. L’un des paradoxes de la vie est que ce que l’on a cherché intensément se présente a nous en un moment où l’on y pense plus . dans cette attente , il est nécessaire d’être suffisamment relax ,pour saisir les chances et savourer les bons moments qui nous sont offerts. Car la vie n’attend pas elle continue son chemin et nous avons tout intérêt à continuer avec elle.
Quand on désire ardemment quelque chose c’est l’univers tout entier qui se ligue pour vous le donner, mais nul part a aucun moment les délais de livraison ne sont mentionnés car rien ni personne ne peut accélérer le temps ou bousculer l’ordre divin.
Nous sommes seuls responsables de nos pensées et de nos sentiments. A héberger des soucis on détruit notre capital le plus précieux : la tranquillité de l’esprit, d’où la nécessité de toujours faire un effort pour sortir de cette dynamique autodestructrice et de mieux gérer ses émotions, car nul ne mérite qu’abîme sa santé pour lui.
Nombreux sont ceux qui sont à la poursuite de l’Amour et de son corollaire le bonheur sans jamais le trouver- pour la simple raison qu’ils sont allés les chercher loin , alors qu’il peut être si proche. Nous courons après des mythes et fermons les yeux sur la réalité qui est toute simple . le bonheur n’est autre chose que les petites choses , les moments de tendresse, les complicités ces menus plaisirs mis bout à bout embaument l’existence .mais quand on est amoureux de l’Amour on a nul envie d’être sage alors quand on prend son bâton de pèlerin pour se lancer à la conquête de l’Amour il faut s’armer d’une bonne dose de soi, car il ne faut rien attendre de l’autre parce que celui ou celle qu’on croise nourrit les mêmes intentions et place les mêmes attentes pour une vie de couple amoureuse ; chacun doit avoir résolu ses problèmes. Et ça personne ne l’apprend, ni la famille, ni les professionnels de l’éducation ou les livres. La survie de toutes relations est au prix de l’énergie consentie. Tout les jours nous devons nous battre pour conserver notre acquis y veiller comme s’il s’agissait d’une plante verte.
En dehors des coups de foudre qui se consument comme un feu de paille, l’Amour avec un grand « A » ne se rencontre qu’au cinéma et dans les romans. Cependant il existe et beaucoup l’on trouvé et le vive au prix de beaucoup d’effort, de persévrance, d’esprit d’abnégation. L’homme ou la femme fabriqué€ sur mesure que nous parons de toutes les qualités n’existent que dans notre imagination.
Cependant tout est possible , c’est à nous de choisir : soit attendre toute une vie la personne qui aurait pu nous rendre heureux, soit en aimer une autre sans espoir de retour ou finalement apprendre à aimer celui ou celle qui nous aime déjà .
Donner un coup de pouce à la chance c’est aussi laisser la porte ouverte à d’autres possibilités. Rarement l’homme ou la femme que nous cherchons ne se présente à nous sous l’aspect que notre imagination lui prête. Pour le trouver il faut nécessairement prolonger son regard au delà des premières impressions. L’un des paradoxes de la vie est que ce que l’on a cherché intensément se présente a nous en un moment où l’on y pense plus . dans cette attente , il est nécessaire d’être suffisamment relax ,pour saisir les chances et savourer les bons moments qui nous sont offerts. Car la vie n’attend pas elle continue son chemin et nous avons tout intérêt à continuer avec elle.
Quand on désire ardemment quelque chose c’est l’univers tout entier qui se ligue pour vous le donner, mais nul part a aucun moment les délais de livraison ne sont mentionnés car rien ni personne ne peut accélérer le temps ou bousculer l’ordre divin.
les mots et leurs maux
Les mots peuplent notre quotidien .ne seraient ce que parce qu’ils nous relient au reste du monde et que notre vie sociale , notre securité financiere sur le reseau de relations que nous avons su tisser. Et dans toutes transactions humaines la parole et la chaine des mots qu’elle egrene et qui s’enfilent à longueur de conversation est une passerelle incontournable. Tantot alliés, tantot adversaires, tres souvent complices, les mots sources de maux, de joie ou de routine sont des fideles compagnons qui s ingerent en permanence dans notre vie.
Peu importe le jour , l’heure, le temps , notre humeur ; a peine avons nous ouvert les yeux qu’ils sont deja a pied d’œuvre et ne lachent prise qu’au moment ou nous tombons dans les bras de Morphée(dormir).
Aspirons nous au repos ? ces amis tyraniques n’en ont cure et l’idée de debarasser le plancher ne leur vient pas tout simplement a l’esprit. Vouloir se refugier dans le silence est peine perdue ; car aussitôt chassés par la porte ils reviennent par la fenetre.
Constamment en eveil ils hantent nos nuits et nos reves .
Nous baignons dans l’univers de la parole : la nôtre et celle des autres.
La verité est que nous n’y pouvons rien .parler est aussi vital que respirer ; et dans la civilisation , exceller dans l’art de la rethorique vous confere une certaine notoriété et vous ouvre une voie royale, et dans nos societes modernes le talent oratoire se monnaie.
Il est vrai que nous avons nos differences : certains sont plus bavards que les autres, certains sont dissimilateurs et essaient de regner sur leur langue comme si la parole a été inventé pour masquer le fond de la pensée.
Le fait est que sans ouvrir la bouche nous parlons toujours : par les yeux, les gestes par notre attitude et notre comportement. Meme le silence se pare du flot continu de notre dialogue interieur .
Le paradoxe de l’être humain est qu’il vit et pense pour l’essentiel à l’interieur de lui-même alors qu’il est condamné à se projetter vers le monde exterieur pour communiquer , partager , echanger avec son prochain .
a longueur de debits la parole charrie des tonnes de mots qui sont loin d’être des simples ou symboles. certains
Peu importe le jour , l’heure, le temps , notre humeur ; a peine avons nous ouvert les yeux qu’ils sont deja a pied d’œuvre et ne lachent prise qu’au moment ou nous tombons dans les bras de Morphée(dormir).
Aspirons nous au repos ? ces amis tyraniques n’en ont cure et l’idée de debarasser le plancher ne leur vient pas tout simplement a l’esprit. Vouloir se refugier dans le silence est peine perdue ; car aussitôt chassés par la porte ils reviennent par la fenetre.
Constamment en eveil ils hantent nos nuits et nos reves .
Nous baignons dans l’univers de la parole : la nôtre et celle des autres.
La verité est que nous n’y pouvons rien .parler est aussi vital que respirer ; et dans la civilisation , exceller dans l’art de la rethorique vous confere une certaine notoriété et vous ouvre une voie royale, et dans nos societes modernes le talent oratoire se monnaie.
Il est vrai que nous avons nos differences : certains sont plus bavards que les autres, certains sont dissimilateurs et essaient de regner sur leur langue comme si la parole a été inventé pour masquer le fond de la pensée.
Le fait est que sans ouvrir la bouche nous parlons toujours : par les yeux, les gestes par notre attitude et notre comportement. Meme le silence se pare du flot continu de notre dialogue interieur .
Le paradoxe de l’être humain est qu’il vit et pense pour l’essentiel à l’interieur de lui-même alors qu’il est condamné à se projetter vers le monde exterieur pour communiquer , partager , echanger avec son prochain .
a longueur de debits la parole charrie des tonnes de mots qui sont loin d’être des simples ou symboles. certains
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